12 mars 2011

Les pommes golden du Limousin reçoivent en moyenne 36 traitements phytosanitaires par an

Relaxe pour les trois arboriculteurs corréziens
(d'après AFP - 10/03/11)

Le tribunal correctionnel de Brive a relaxé au bénéfice du doute les trois pomiculteurs corréziens poursuivis pour avoir épandu des pesticides sur leurs fruits par vent trop fort.

« C'est un soulagement. On essaye de travailler de la manière la plus propre possible », a réagi l'un des pomiculteurs, Clément Duviallard. Aux côtés de ses deux co-prévenus, il avait contesté l'infraction, expliquant que, selon leurs constatations, avec « le mouvement des branches et des herbes », ils pensaient que le vent était sous les 19 km/h réglementaires.

La justice avait poursuivi les pomiculteurs pour « n'avoir pas respecté les conditions d'utilisation d'un produit fixées par l'autorité administrative », une infraction punie de six mois de prison et 30.000 euros d'amende maximum, selon l'article L253-17 du Code rural ainsi qu'un arrêté ministériel de 2006.

Ce texte limite l'autorisation d'épandre des produits à un vent de
19 km/h. Selon Météo France, les 24 et 26 mars 2010, jours de l'épandage, le vent avait soufflé dans cette région entre 33 km/h et 35 km/h en moyenne.


« Pour moi, la victoire a été le jour où j'ai eu le courage de porter plainte. Je n'avais aucun espoir de gagner, l'omerta est trop forte. Mais ça a été entendu par les médias, ça a provoqué une prise de conscience », a estimé l'une des plaignantes, Thérésa Sainte-Marie, partie civile aux côtés de trois associations de défense de l'environnement.

Elle avait porté plainte en mars 2010 contre les exploitants dont les parcelles de pommiers jouxtaient son domicile à Vigeois, se plaignant de devoir se calfeutrer lorsque les agriculteurs pulvérisaient des produits phytosanitaires sur leurs arbres.

Lors de l'audience, le 13 janvier, une amende de 1.000 euros, dont 500 euros avec sursis, avait été requise à l'encontre de chacun des trois prévenus, le substitut Éric Belfayol réclamant « une condamnation qui (ait) du sens » pour « se prémunir pour l'avenir ».

L'ONU s'inquiète de la très forte mortalité des abeilles

(11/03/11-AFP)

Parmi les causes de la mortalité des abeilles : le «Varroa destructor»

L'ONU exprime sa grande préoccupation face à la très forte mortalité des abeilles qui, dans de nombreuses régions du monde, succombent aux effets de la pollution, des pesticides et de parasites mortels.

Ce phénomène est principalement observé dans les pays industrialisés de l'hémisphère nord, explique le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) dans un rapport publié jeudi.

Le nombre de colonies d'abeilles a chuté de 10 à 30% ces dernières années en Europe, de 30% aux Etats-Unis, de plus de 85% au Moyen-Orient, explique Peter Neumann, un des auteurs de ce premier rapport de l'ONU sur la disparition des abeilles. Un syndrome qui n'affecte pas l'Amérique latine, l'Afrique et l'Australie.

Parmi la douzaine de facteurs explicatifs recensés dans le document figurent l'emploi des pesticides, la pollution de l'air, la réduction du nombre de plantes à fleurs et d'apiculteurs en Europe, ainsi que l'existence d'un acarien parasite « Varroa destructor » qui tue uniquement les abeilles de l'hémisphère nord.

La plupart des plantes sont pollinisées par les abeilles

« C'est un sujet très complexe. De nombreux facteurs interagissent et un pays à lui seul n'est pas capable de résoudre le problème », estime M. Neumann, qui appelle à la mise en place d'un réseau international pour aborder le problème.

La mortalité des pourrait avoir de graves conséquences sur la production alimentaire puisque la plupart des plantes, cultivées ou non, sont pollinisées par les abeilles. Sur les 100 espèces végétales qui fournissent 90% de la nourriture dans le monde, plus de 70 sont pollinisées.

«La manière dont l'humanité gère ses actifs liés à la nature, notamment les pollinisateurs, définira en partie notre avenir collectif au 21e siècle», déclare le directeur exécutif du Pnue, Achim Steiner.